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Un pays où il neige encore

par Sandra Cusson

 

Auberge de montagne des Chic-Chocs, Gaspésie.

 

Cela faisait un bon moment que l’on y pensait. Cette auberge luxueuse, perchée à 615 mètres d’altitude au cœur des montagnes de la réserve faunique de Matane, nous faisait rêver. Mais encore fallait-il s’y rendre. Après l’étude de quelques scénarios, nous optons pour la formule en transports en commun. Départ à 5h30 en autobus Voyageur, arrivée à Cap-Chat en fin d’après-midi et montée vers l’auberge en véhicule à chenilles. C’est ici que commence la véritable aventure.

 

Nous arrivons à destination à temps pour le repas du soir. Après une courte visite des lieux en compagnie de l’un des guides de montagne – ces derniers, triés sur le volet, adorent leur auberge et sont visiblement fiers de nous la présenter – nous passons à la salle à manger pour un souper 5 étoiles, composé de produits locaux, ainsi qu’un peu de jasette avec les autres convives. Ces derniers sont surtout québécois, mais un couple de Français en voyage au Québec sont venus pour faire de la raquette. Ce soir-là, l’auberge est remplie à pleine capacité et l’on compte 18 convives. Au cours du repas – que le Chef partage avec nous -, les guides nous donnent un aperçu des possibilités qui s’offrent à nous pour la journée du lendemain : sortie en raquettes, skis de haute route, skis Méta, spa et farniente; il y en a pour tous les goûts. Pour nous, le choix est clair; nous allons nous initier au ski de haute route. Avant de s’endormir, on regarde la neige qui tombe et nous nous sentons fébriles comme des enfants à la veille de Noël.

 

De la neige, de la neige et encore de la neige

 

Il a neigé toute la nuit et il en sera de même pour toute la durée de notre séjour; en ce début de mars, le temps est assez doux. En fait, les conditions hivernales sont idéales. Au matin, après les essais d’équipements et une courte formation en plein air sur l’ARVA (appareil de recherche de victime d’avalanche) – dont nous sommes tous obligatoirement équipés – nous entreprenons, en petit groupe, l’ascension facile du « Buton de l’est », en guise d’initiation à la montée sur peaux d’ascension, puis à la descente en neige poudreuse. Rapidement, nous avons la piqûre et pour la journée du lendemain, nous serons de l’expédition – un peu plus corsée – vers le Mont 780.

 

Un panorama à couper le souffle

 

Nous nous rendons à la base de la montagne en motoneiges et chenillettes. Chacun transporte son repas du midi dans un sac à dos; nos guides sont un peu plus chargés : pelles, matériel de survie et de premiers soins, etc. La Sépaq ne rigole pas avec la sécurité en montagne! Arrivés à la base de la montagne, chacun récupère son matériel et chausse ses skis. En file indienne, nous entreprenons la longue montée. Nous atteignons le sommet en 90 minutes environ. Le spectacle est à couper le souffle. Les sommets gaspésiens et les conifères enneigés s’étendent à perte de vue. Nous sommes littéralement subjugués par l’immensité du panorama qui s’offre à nos yeux. Pour la descente, le groupe de scinde naturellement en deux; les plus téméraires s’élancent sur un versant assez abrupt alors que les plus modérés empruntent une voie plus aisée. Peu importe la route choisie, nous sommes au paradis! Les mines réjouies et les conversations animées du soir en sont témoins!

 

Au dernier jour, nous ne disposons que d’une demi-journée, notre départ étant prévu en début d’après-midi.  Nous portons alors notre choix sur une sortie en skis Meta (ou skis Hok), hybride entre le ski et la raquette, sur lequel on se déplace un peu à la manière du télémark.  La technique est un peu plus difficile à maîtriser que celle du ski de haute route mais heureusement, nos guides sont compétents et patients!  Après quelques chutes, on comprend la technique et on a un plaisir fou dans la poudreuse qui atteint maintenant une épaisseur impressionnante.  Pour tous, l’heure du départ sonnera beaucoup trop tôt. C’est fourbus mais heureux que nous rentrons à la maison le lundi soir.  Certains disent qu’une longue fin de semaine à l’Auberge vaut une année sabbatique; ils n’ont pas entièrement tort!

 

Article publié dans Le Journal de Montréal, samedi le 7 janvier 2017